2, p. 341 : « Von den Jakobineren ging die nachricht ein, dass sie in Permanenz erklärt hatten. Cette organisation sera proprement communiste en tant qu’elle reposera sur l’abolition de la propriété privée et la mise en commun des moyens de production. Une vision critique et démystificatrice qui dévoile, derrière la fumée des batailles et l’ivresse des discours, la victoire d’un intérêt de classe, l’intérêt de la bourgeoisie. Si l’on s’acharne tellement sur celle de 1789-1794, c’est précisément parce qu’elle est loin d’être terminée – c’est à dire parce qu’elle continue à manifester ses effets dans le champ politique et dans la vie culturelle, dans l’imaginaire social et dans les luttes idéologiques (en France et ailleurs). Révolution et démocratie chez Marx et Engels La bibliothèque d'ActuaLitté. Quelles seraient les forces motrices de cette révolution ? [2] K. Marx, « Die Heilige Familie », 1845, Berlin, Dietz Verlag, 1953, p. 196. Le point de départ de Marx, c’était donc la lutte des classes des ouvriers contre les bourgeois. – ont été vaincues, écrasées, guillotinées. On pourrait en mentionner au moins quatre, parmi les plus importants : 1. La meilleure citation de Karl Marx préférée des internautes. [11] K. Marx, « L’Idéologie allemande », cité dans NRF p. 184 et 181. La critique sociale, qui constitue la substance de l’œuvre de Karl Marx, a, pour l’essentiel, deux cibles : l’Etat et l’Argent. Les travaux de Daniel Guérin et Maurice Dommanget – deux marginaux extérieurs à l’historiographie universitaire – ont sauvé de l’oubli les bras-nus et les Enragés, tandis que des recherches plus récentes découvrent peu à peu toute la richesse de la « moitié cachée » du peuple révolutionnaire : les femmes. Tu prépares des épreuves de dissertation ? C’est un fait curieux, mais il y a très peu d’éléments chez Marx (ou Engels) pour une analyse de classe des contradictions du jacobinisme – comme par exemple celle de Daniel Guérin, selon lequel le parti jacobin était « à la fois petit-bourgeois à la tête et populaire à la base ».[18]. Ou la Révolution américaine de 1778 ? Dès lors, « la vie réelle de l’État, même non pénétré des exigences socialistes, renferme dans ses formes modernes les exigences de la raison ». Quelles sont les esprits du passé (Marx) qui méritent d’être évoqués deux cent ans après ? La publication en cours (en Pléiade) des écrits politiques de Marx atteste par ailleurs l’importance de son apport concernant la politique en actes et ses formes critiques : les guerres et les révolutions. Quelle que soit son admiration pour la grandeur historique et l’énergie révolutionnaire d’un Robespierre ou d’un Saint-Just, le jacobinisme est explicitement refusé comme modèle ou source d’inspiration de la praxis révolutionnaire socialiste. 2. On avait cru jusqu'alors que la conscience, centre de la vie mentale, était entourée d'une sorte de halo d'inconscience. En effet, selon Michael Löwy, Marx a été littéralement fasciné par la Révolution française, comme beaucoup d’intellectuels allemands de sa génération : elle était à ses yeux tout simplement la révolution par excellence – plus précisément « la révolution la plus gigantesque (« Kolossalste ») qu’ait connue l’histoire »[1]. Le jacobinisme apparaît sous cet éclairage comme une tentative vaine et nécessairement avortée d’affronter la société bourgeoise à partir de l’Etat de façon strictement politique. C’est donc en opposition au modèle « purement politique », « partiel » de la Révolution française que s’esquisse, dans un langage encore philosophique l’idée que la révolution socialiste devra, dans certains pays, accomplir les tâches historiques de la révolution démocratique-bourgeoise. La tradition révolutionnaire lui apparaît comme un phénomène essentiellement négatif : « La tradition de toutes les générations mortes pèse comme un cauchemar sur le cerveau des vivants. Il est le commencement d’un processus qui n’est pas encore terminé. Lorsque éclate le soulèvement pour l'unité nationale et le gouvernement démocratique, Marx rédige les Revendica Zusammen mit Friedrich Engels wurde er zum einflussreichsten Theoretiker des Sozialismus und Kommunismus. Elles annoncèrent à grand fracas l'émancipation du prolétariat, secret du XIXème siècle et de … C’est dans ce document que l’expression « révolution permanente » gagne pour la première le sens qu’elle aura par la suite au cours du XXe siècle (notamment chez Trotsky). Mais il existe une forme de travail dans laquelle l’homme ne s’affirme pas, mais est étranger à lui-même. »[28], Bien entendu, cette remarque se situe dans un contexte précis, celui d’une polémique de Marx contre la « caricature de Montagne » des années 1848-1852, mais elle présente aussi une visée plus générale. Cette célébration des vertus révolutionnaires de la bourgeoisie française va inspirer plus tard (surtout au XXe siècle) toute une vision linéaire et mécanique du progrès historique chez certains courants marxistes. Cet ensemble est loin d’être homogène : il témoigne de changements, réorientations, hésitations et parfois contradictions dans sa lecture des événements. « développer l’œuvre commencée par la monarchie absolue : la centralisation, (…) l’étendue, les attributs et les exécutants du pouvoir gouvernemental. Les révolutions de 1848 furent des épisodes, de tout petits craquements, de toutes petites déchirures dans l'écorce solide de la société bourgeoise. Analysant le comportement des couches populaires urbaines (« le prolétariat et les autres catégories sociales n’appartenant pas à la bourgeoisie »), Marx affirme : « Même là où elles s’opposaient à la bourgeoisie, comme par exemple de 1793 à 1794 en France, elle ne luttaient que pour faire triompher les intérêts de la bourgeoisie, quand bien même ce n’était pas à sa manière. [18] Daniel Guérin, « La lutte de classes sous la Première République », Gallimard, 1946, p. 12. Outre ces carnets (reproduits par Maximilien Rubel dans le volume III des Œuvres dans la Pléïade), les références citées dans ces articles ou ces livres (surtout au cours des années 1844-1848) témoignent de la vaste bibliographie consultée : L’Histoire parlementaire de la Révolution française, de Buchez et Roux, L’Histoire de la Révolution française, de Louis Blanc, celles de Carlyle, Mignet, Thiers, Cabet, des textes de Camille Desmoulin, Robespierre, Saint-Just, Marat, etc. Les deux recueils sont incomplets. Marx est athée et s’en revendique, sans faire de l'athéisme une nouvelle « religion ». Quel est donc l’héritage de la Révolution française pour le marxisme du XXe siècle ? Comme l’on sait, cette idée esquissée en 1852 sera développée en 1871 dans ses écrits sur la Commune – premier exemple de révolution prolétarienne qui brise l’appareil d’État et en fini avec ce « boa constrictor » qui « enserre le corps social dans les mailles universelles de sa bureaucratie, de sa police, de son armée permanente ». Quels sont les aspects de cet héritage les plus dignes d’intérêts ? Elle était déchue au rang d’une sorte de caste (…) encline dès l’abord à trahir le peuple et à tenter des compromis avec le représentant couronné de l’ancienne société ».[7]. C’est le cas, tout d’abord, du marxisme russe, dans ses deux grandes branches : Plékhanov et les mencheviques – qui croyaient que la bourgeoisie démocratique russe allait jouer dans la lutte contre le tsarisme le même rôle révolutionnaire que la bourgeoisie française a joué (selon Marx) dans la révolution de 1789. En effet, le philosophe a également imaginé, comme dans certaines utopies socialistes, une révolution économique fondée sur l’association des producteurs. Karl Marx (1818-1883) et l’idée de Révolution. [12] La formulation est indirecte et la référence à la Révolution française n’est faite qu’en passant, en vue d’un débat politique actuel, mais il est tout de même surprenant que Marx ait pu envisager les événements de 1794 comme une «  victoire du prolétariat »…. Traitant de la question de l’Etat, qui nous préoccupe ici, Marx fait le bilan de la révolution de 1848-1851, dans son 18 Brumaire de Louis Bonaparte, en développant le raisonnement suivant : "Mais la révolution va jusqu’au fond des choses. La bourgeoisie de 1848 trahit sans aucune hésitation les paysans, qui sont ses alliés les plus naturels, la chair de sa chair, et sans lesquels elle est impuissante face à la noblesse ».[8]. Ancien Regime and the Revolution (L'Ancien Régime et la Révolution) (fourth edition, 1858), de Tocqueville, tr. Un article de la revue Philosophiques (Le marxisme cent ans après Marx) diffusée par la plateforme Érudit. Cf. (…) La vie politique cherche à étouffer ses conditions primordiales, la société bourgeoise et ses éléments pour s’ériger en vie générique véritable et absolue de l’homme. On trouve dans certains textes de Marx de véritables hymnes à la gloire de la bourgeoisie révolutionnaire française de 1789 ; il s’agit presque toujours d’écrits qui la comparent avec son équivalent social outre-Rhin, la bourgeoisie allemande du XIXe siècle. Dès 1844, il regrette l’inexistence en Allemagne d’une classe bourgeoise pourvue de, « cette grandeur d’âme qui s’identifie, ne serait-ce qu’un moment, à l’âme du peuple, de ce génie qui inspire à la force matérielle l’enthousiasme pour la puissance politique, de cette hardiesse révolutionnaire qui lance à l’adversaire en guise de défi : je ne suis rien et je devrais être tout ».[6]. Passé par l’ESCP, la Sorbonne, et l’École Normale Supérieure, j’aide également les étudiants à réussir les épreuves littéraires des concours des grandes écoles. La révolution du XIXe siècle doit laisser les morts enterrer leurs morts pour réaliser son propre objet. En 1844, il publie la Question juive, où il expose ses vues sur la lutte politique pour supprimer l'État et l'argent, et permettre ainsi l'émancipation de l'humanité. Contrairement à ce qu’avait écrit Marx dans Le Dix-Huit Brumaire, sans « poésie du passé », il n’y a pas de rêve d’avenir…. [16] K. Marx, « La bourgeoisie et la contre-révolution », 1848, dans Marx et Engels, « Sur la Révolution française » (SRF), Messidor, 1985, p. 121. Cf. Discover and share Revolution Quotes Marx. Ce sont d’abord surtout des ouvrages allemands – Karl Friederich Ernst Ludwig, Wilhelm Wachsmuth – mais ensuite prédominent les livres français, notamment les mémoires du conventionnel Levasseur, dont les extraits remplissent plusieurs pages du cahier de notes de Marx rédigé à Paris en 1844. « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours, écrivent Marx et Engels, n’a été que l’histoire de luttes de classes » (Manifeste du parti communiste). Il me semble que Marx a à la fois raison et tort…. Son salaire, n’assura… Il montra que le mouvement révolutionnaire de 1793 tenta (un moment) de dépasser les limites de la révolution bourgeoise ».[23]. Il garde quelque chose d’inachevé… Il contient une promesse non encore accomplie. « le prolétaire est déjà engagé dans le combat contre le bourgeois. Outre ce recueil préparé pour les Editions Sociales par Claude Mainfroy, il en existe un autre, contenant uniquement les écrits de Marx (avec une longue introduction de F. Furet) rassemblés par Lucien Calviez : « Marx et la Révolution française » (MRF), Flammarion, 1986. Comme nous l’avons vu, Marx pensait que le prolétariat socialiste devait se débarrasser du passé révolutionnaire du XVIIIe siècle. Elle ne traverse encore que le purgatoire. Biografie: Karl Marx war ein deutscher Philosoph, Ökonom, Gesellschaftstheoretiker, politischer Journalist, Protagonist der Arbeiterbewegung sowie Kritiker der bürgerlichen Gesellschaft und der Religion. A partir de ce moment, le concept de « bourgeoisie révolutionnaire »est entré dans le vocabulaire des marxistes et est devenu un élément clé dans l’élaboration des stratégies politiques – en ignorant l’avertissement de Marx, à propos de l’Allemagne (mais avec des indications plus générales) : les classes bourgeoises qui arrivent trop tard (i.e. La formule est discutable. Ce lien se situe à trois niveaux : -L’origine immédiate de la formule renvoie probablement au fait que les clubs révolutionnaires se déclaraient souvent comme assemblés « en permanence ». [9] K. Marx, « L’Idéologie allemande », cité dans NRF p. 187. c) La Terreur a été une méthode plébéienne d’en finir de façon radicale avec les vestiges féodaux et dans ce sens elle a été fonctionnelle pour l’avènement de la société bourgeoise. Pris dans une contradiction insoluble, ils ont voulu sacrifier la société bourgeoise « à un mode antique de vie politique ». Dans cette perspective, la révolution de 1848 (amenant à la Seconde République) et la Commune de Paris (1871, après la défaite face à la Prusse) sont bien des révolutions dans la mesure où les ouvriers ont voulu imposer leurs intérêts par la force. L’auteur adopte une démarche résolument diachronique. Deux tâches p… Cette seconde perspective révolutionnaire consiste plus précisément à restructurer la société en partant de la production. Expulsé de Bruxelles en mars 1848, Marx est au même moment invité à rentrer en France par le gouvernement provisoire issu de la révolution de Février à l'instigation de ses membres ouvriers. D’abord, le prolétaire est exploité par le patron qui possède les machines. Passionné par les idées, je veux vous aider à mieux comprendre votre existence grâce au meilleur de la pensée. Il est évident que pour Engels ce terme était simplement synonyme de mobilisation révolutionnaire du peuple et n’avait pas du tout le sens d’une transcroissance socialiste de la révolution.[24]. [30] Ernst Bloch, « Droit naturel et dignité humaine », Payot, 1976, p. 178-179. Cette expression apparaît d’ailleurs dans un des livres allemands sur la révolution que Marx avait lu en 1843-1844.[25]. Il est vrai qu’il « n’avait rien d’un terroriste exalté » ; néanmoins, « il considérait encore l’Etat comme une fin en soi, et la vie civile uniquement comme son trésorier et comme son subalterne, qui devait renoncer à toute volonté propre. Pour renouveler sa force de travail, il a besoin de trois shillings, soit six heures de travail.Mais pour ce salaire, il travaille 12 heures. Cela apparaît dès les premiers textes communistes de 1844, qui opposent l’émancipation sociale aux impasses et illusions du volontarisme politique des hommes de la Terreur. [3] K. Marx, « La bourgeoisie et la contre-révolution », 1848, dans Marx et Engels, « Sur la Révolution française » (SRF), Messidor, 1985, p. 121. Nov 30, 2013 - Explore Betty Devi's board "Revolution Quotes" on Pinterest. Utilisant la méthode dialectique, Marx montre que les aspects « anti-bourgeois » de la Terreur n’ont servi, en dernière analyse, qu’à mieux assurer le triomphe social et politique de la bourgeoisie. Dans un prologue inédit, "Le surréalisme à la recherche des pas perdus", il se donne pour objet la révolution surréaliste retrouvée, prise dans un entrelacs entre deux impératifs : selon André Breton, celui de Marx –transformer le monde– et celui de Rimbaud –changer la vie. Aussi insistons-nous … Confronté au mystère jacobin, Marx hésite. Les idéaux de la Révolution française – Liberté, Egalité, Fraternité, les Droits de l’Homme (notamment dans leur version de 1793), la souveraineté du Peuple – contiennent un « surplus utopique »(Ernest Bloch) qui déborde l’usage qu’en a fait la bourgeoisie. Partant des analyses de Marx lui-même sur la Révolution française, il montre combien les écrits de Marx, souvent associé à Engels sur la question, sont toujours précisément contextualisés et liés à la recherche de compréhension du moment présent. La révolution contre la société féodale, indique Marx, a constitué l’État politique moderne en affaire générale, c’est-à-dire en État réel. [25] Cf. Je hais les spams et protège vos données personnelles. (…) Les révolutions antérieures avaient besoin de réminiscences historiques pour se dissimuler à elles-mêmes leur propre contenu. Et, dans un article de 1847, il affirme au sujet de l’abolition révolutionnaire des vestiges féodaux en 1789-1794 : « Timorée et conciliante comme elle l’est, la bourgeoisie ne fût venue à bout de cette besogne même en plusieurs décennies. Marx s'intéresse surtout à la religion à cause du rôle qu'elle exerce sur la société. aussi l’article contre Karl Heinzen de 1847 : « En assénant ces violents coups de masse, la Terreur ne devait donc servir en France qu’à faire disparaître du territoire français, comme par enchantement, les ruines féodales. On retrouve cette thèse dans Le Dix-Huit Brumaire (1852), mais cette fois Marx insiste sur la ruse de la raison qui fait des Jacobins (et de Bonaparte) les accoucheurs de cette même société bourgeoise qu’ils méprisaient : « Camille Desmoulin, Danton, Robespierre, Saint-Just, Napoléon, les héros, de même que les partis et la masse lors de l’ancienne Révolution française accomplirent dans le costume romain, et avec la phraséologie romaine, la tâche de leur époque, à savoir la libération et l’instauration de la société bourgeoise moderne. Avant de définir le prolétariat et son importance chez Karl Marx, voyons comment cette classe apparaît dans lhistoire selon le philosophe allemand. Les trois aspects mis en évidence par ces trois lignes d’interprétation du jacobinisme – l’hypertrophie du politique en lutte contre la société bourgeoise, l’illusion de revenir à la République antique et le rôle d’instrument plébéien au service des intérêts objectifs de la bourgeoisie – sont tout à fait compatibles et permettent de saisir différentes facettes de la réalité historique. [5] F. Furet, « Marx et la Révolution française », Flammarion, 1986, p. 81-84. MARX, FREUD ET LA REVOLUTION fOÔlALE 19. W. Wachsmuth, « Geschichte Frankreichs im Revolutionalter », Hambourg, 1842, Vol. Marx au 21e siècle : et si les questions comptaient plus que les réponses ? Marx accuse le capitalisme d'ê… C’est son erreur, c’est son échec, en même temps que celui des théories du contrat, et notamment de Rousseau. Bien entendu, grâce au stalinisme, le dogme de la bourgeoisie démocratique-révolutionnaire (ou nationale) et l’idée d’une répétition – dans des nouvelles conditions – du paradigme de 1789 ont été une composante essentielle de l’idéologie du mouvement communiste dans les pays coloniaux, semi-coloniaux et dépendants, depuis 1926, avec des conséquences néfastes pour les classes dominées. On la trouvait déjà sous la plume des libéraux tels que Madame de Staël qui décrivait Bonaparte comme un « Robespierre à cheval ». Il accompli le terrorisme en remplaçant la révolution permanente par la guerre permanente ».[14]. [30], Conclusion et morale de l’Histoire (avec un « H » majuscule) : la Révolution française de 1789-1794 n’a été qu’un début. Cet intérêt est compréhensible, dans la mesure où plusieurs courants communistes dans la France d’avant 1848 étaient plus ou moins directement inspirés par le babouvisme. En un mot : « liberté, égalité, fraternité – l’orthopédie telle qu’on l’a tentée, de la marche debout, de la fierté humaine – renvoie bien au-delà de l’horizon bourgeois ». La société bourgeoise, dans sa sobre réalité, s’était créée ses véritables interprètes et porte-parole dans la personne des Say, des Cousin, des Royer-Collard, des Benjamin Constant et des Guizot. « l’affirmation de la conscience de soi comme volonté libre, coextensive avec l’universel, transparente à elle-même, réconciliée avec l’être ». Daniel Guérin interprète cette formule comme allant dans le sens de sa propre interprétation de la Révolution française : « Marx employa l’expression de révolution permanente à propos de la Révolution française. Par exemple, dans l’article contre Heinzen (1847), Marx observe : « La première apparition d’un parti communiste réellement agissant se trouve dans le cadre de la révolution bourgeoise, au moment où la monarchie constitutionnelle est supprimée. ), et de situer le tout dans le cadre de l’histoire mondiale, grâce à sa méthode historique matérialiste. On peut trouver un relevé partiel de cette bibliographie dans l’article de Jean Bruhat sur « Marx et la Révolution française », publié dans les « Annales historiques de la Révolution française », en avril-juin 1966. Selon Furet. Toutefois, pendant la monarchie absolue, la révolution et le Premier Empire, cet appareil n’a été qu’un moyen de préparer la domination de classe de la bourgeoisie, qui s’exercera plus directement sous Louis-Philippe et la République de 1848… Quitte à faire la place à nouveau, à l’autonomie du politique durant le Second Empire – quand l’État semble s’être rendu « complètement indépendant ». Par conséquent, l’action sanglante du peuple n’a fait que lui préparer les voies. [7] K. Marx, « La bourgeoisie et la contre-révolution », 1848, dans Marx et Engels, « Sur la Révolution française » (SRF), Messidor, 1985, p. 123. Ramassant en un paragraphe la signification historique des révolutions de 1848 et de 1789 (mais ses remarques sont plus pertinentes pour la dernière que pour la première), Marx observe, dans un article de la Nouvelle Gazette Rhénane en 1848 : « Elles étaient le triomphe de la bourgeoisie, mais le triomphe de la bourgeoisie était alors le triomphe d’un nouveau système social, la victoire de la propriété bourgeoise sur la propriété féodale, du sentiment national sur le provincialisme, de la concurrence sur le corporatisme, du partage sur le majorat, (…) des lumières sur la superstition, de la famille sur le nom, de l’industrie sur la paresse héroïque, du droit bourgeois sur les privilèges moyenâgeux.